Interview de Sabah LAMECHE, directrice du GIP FCIP

Dans un contexte marqué par une démographie galopante, un taux de chômage élevé et une économie en mutation, la formation professionnelle représente un levier essentiel pour l’avenir des jeunes de Mayotte.
Le GIP FCIP (Groupement d’Intérêt Public – Formation Continue et Insertion Professionnelle) s’est engagé, avec le soutien de l’Union européenne, à offrir de réelles opportunités de montée en compétences et de mobilité aux élèves de Bac Pro et de BTS du territoire.

Grâce au Fonds social européen (FSE), le projet « Financement de stages professionnels en métropole et à La Réunion » bénéficie d’un cofinancement européen de 704 403,1€ soit 57,81% du coût total éligible. Ce dispositif permet à des centaines de jeunes mahorais de vivre une expérience de stage professionnalisante dans un environnement propice à l’apprentissage et à l’insertion.

Sabah LAMECHE, directrice du GIP FCIP Mayotte, nous fait le plaisir de répondre à nos questions.

Questions

Q – Mayotte connaît des défis particuliers en matière d’éducation et d’emploi. Comment est née l’idée de ce projet de financement de stages pour les jeunes Mahorais ?

Le projet est né d’un constat simple : à Mayotte, les jeunes suivent des formations professionnelles ambitieuses mais les opportunités de stages de qualité restent limitées localement notamment par manque de structures d’accueil suffisamment nombreuses. Or, ces périodes en entreprise sont indispensables pour obtenir un diplôme et s’insérer dans l’emploi.
Le GIP-FCIP de Mayotte a donc  souhaité développer un projet émargeant à des fonds européens pour permettre des stages en mobilité, en métropole et à La Réunion afin d’offrir aux élèves des conditions d’apprentissage plus favorables et de véritables perspectives professionnelles.

Q – En quoi les stages réalisés en métropole ou à La Réunion offrent-ils une valeur ajoutée pour les élèves par rapport à ceux effectués localement ?

Ces stages permettent aux élèves de découvrir des environnements professionnels plus diversifiés, avec des entreprises de taille plus importante, mieux structurées et des équipements parfois absents à Mayotte.

Ils favorisent une montée en compétences rapide, une meilleure connaissance des exigences du monde du travail et le développement de l’autonomie. C’est aussi une ouverture culturelle et professionnelle qui renforce fortement leur employabilité.

Q – Quels ont été les principaux défis rencontrés dans la mise en œuvre du projet, notamment sur les aspects logistiques ou d’accompagnement des jeunes ?

Le principal défi a été l’organisation logistique de mobilités pour des jeunes souvent mineurs : transport, hébergement, encadrement et sécurisation des parcours.
Il a également fallu rassurer les familles et accompagner les élèves avant, pendant et après le stage. Ce travail d’accompagnement réalisé par les établissements, est essentiel pour garantir des mobilités réussies et formatrices.

Q – Le projet bénéficie d’un fort soutien du Fonds social européen. En quoi ce financement a-t-il été déterminant pour concrétiser cette initiative ?

Le soutien du Fonds social européen a été absolument déterminant. Il permet de financer la majeure partie des coûts liés aux mobilités, notamment le transport, l’hébergement et l’accompagnement.

Sans ce cofinancement, un tel projet n’aurait tout simplement pas pu voir le jour à cette échelle. Le FSE rend concrète l’égalité des chances en donnant aux jeunes Mahorais accès aux mêmes opportunités que ceux de l’Hexagone.

 

Q – Quels retours avez-vous des élèves et des établissements partenaires ? Et comment voyez-vous l’avenir de ce dispositif à Mayotte ?

Les retours sont très positifs. Les élèves gagnent en confiance, en compétences et en motivation. Les établissements constatent un impact réel sur la réussite aux diplômes et l’orientation professionnelle.
Pour l’avenir, nous souhaitons pérenniser et développer ce dispositif, renforcer les partenariats avec les entreprises et faire de la mobilité un levier durable de réussite et d’insertion pour les jeunes de Mayotte.